D2F – Perrine PETIOT tire sa révérence 🥲

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Après une saison au SGRMH et 26 passées sur les terrains, Perrine Petiot posera définitivement la balle, pour démarrer un nouveau chapitre de sa vie à la fin de la saison.

Après des débuts à St-Etienne, une formation au CF de Nîmes ainsi qu’un passage par les clubs de Vaulx-en-Velin et de Celles-sur-Belle, nous avons eu le plaisir d’accueillir à notre tour Perrine, avec son expérience et sa bonne humeur ⭐️

Ayant évolué en D2 en D1, et même en équipe de France A, nous pourrons nous aussi dire, que nous aurons eu la chance de voir Perrine Petiot porter nos couleurs, qui plus est, pour sa dernière année de handball 🩷🖤

« 𝑱𝒆 𝒔𝒖𝒊𝒔 𝒕𝒓è𝒔 𝒉𝒆𝒖𝒓𝒆𝒖𝒔𝒆 𝒅𝒆 𝒗𝒊𝒗𝒓𝒆 𝒎𝒆𝒔 𝒅𝒆𝒓𝒏𝒊𝒆𝒓𝒔 𝒎𝒐𝒎𝒆𝒏𝒕𝒔 à 𝒗𝒐𝒔 𝒄ô𝒕é𝒔 𝒆𝒕 𝒂𝒗𝒆𝒄 𝒄𝒆𝒕𝒕𝒆 é𝒒𝒖𝒊𝒑𝒆. 𝑱’𝒆𝒔𝒑è𝒓𝒆 𝒒𝒖𝒆 𝒍’𝒐𝒏 𝒑𝒐𝒖𝒓𝒓𝒂 𝒓𝒆𝒏𝒅𝒓𝒆 𝒄𝒆𝒕𝒕𝒆 𝒇𝒊𝒏 𝒅𝒆 𝒔𝒂𝒊𝒔𝒐𝒏 𝒊𝒏𝒐𝒖𝒃𝒍𝒊𝒂𝒃𝒍𝒆 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒕𝒐𝒖𝒕 𝒍𝒆 𝒎𝒐𝒏𝒅𝒆. » Perrine

Nous vous attendons nombreuses et nombreux durant les deux derniers matchs de finalité à la Ricoquais, pour venir l’encourager une dernière fois 💪🏻
(Calendrier à venir)

Interview de Perrine Petiot

Elle a régalé la Ricoquais, et même la France entière, avec son extension et ses tirs, son sourire ne quittant quasiment jamais son visage, mais toutes les bonnes choses ont malheureusement une fin : Perrine Petiot mettra un terme à sa carrière à l’issue de cette saison, la 9 e chez les pros pour notre emblématique numéro 42.

Alors que la saison régulière de D2F s’achèvera ce samedi pour les Rose et Noir à Besançon avant des finalités qui s’annoncent bouillantes, Perrine a accepté de répondre à nos questions, elle qui a déjà été championne de France et qui aimerait finir sur un nouveau titre.


31 ans, c’est assez jeune pour une handballeuse ! Pourquoi as-tu pris cette décision d’arrêter ?

Pour différentes raisons : 31 ans, c’est jeune, certes, mais j’ai vécu beaucoup de choses, et j’ai un peu l’impression d’avoir fait le tour. J’en tire un bilan très positif, mais j’ai envie de faire d’autres choses. En ayant vécu beaucoup de choses dans le handball, je n’ai pour moi plus grand-chose à donner. Ce n’est pas anodin comme sensation pour une sportive professionnelle, car je suis passionnée, mais je le serai différemment à partir de la saison prochaine. J’ai adoré cette saison ici, mais je sens qu’il y a moins la flamme, et même si mon corps m’a laissée tranquille cette saison, j’ai tout le temps des douleurs, la nuit, la journée, pendant les matchs… j’ai envie de faire d’autres sports, et de décider quand j’en fais.

« J’ai été tiraillée entre deux sentiments au moment de quitter Celles-sur-Belle »

Tu es arrivée plus tard que les autres cette saison, comment s’est passée ton intégration cette saison, et comment te sens-tu dans l’équipe, avec ce statut de joueuse expérimentée mais arrivée après les autres ?

C’est une expérience particulière, et j’aurais vécu des choses différentes jusqu’au bout (rires). Ce n’est pas évident, mais ça s’est très bien passé dans l’équipe, j’ai été très bien accueillie, on m’a vite chambrée sur mon âge mais avoir ce rôle de la plus expérimentée ne m’a pas dérangée du tout, j’ai essayé d’apporter à la fois en dehors, et sur le terrain avec mon expérience. Il aura fallu un peu de temps pour m’acclimater à un nouveau projet de jeu, à des exigences différentes… Mais personnellement, c’était très dur de quitter ma vie à Niort, je l’ai peut-être sous-estimé, et c’est d’ailleurs pour cela que je vais retourner y habiter. On a l’habitude de bouger dans ce métier, mais cela faisait déjà 7 ans que j’étais à Celles-sur-Belle, j’ai été tiraillée entre ces 2 sentiments, le bonheur d’un côté d’être en D2 dans une équipe performante, mais de l’autre côté de ne pas se sentir là où je devrais être, malgré l’excellente intégration au sein du RMH.

Qu’est-ce que tu souhaites faire professionnellement à partir de l’année prochaine ? Seras-tu proche des terrains de hand ?

Non, je ne serai pas proche des terrains de hand, en tout cas professionnellement, non. Je rentre vivre à Niort, et j’irai évidemment voir mes copines à Celles-sur-Belle jouer, mais dans les gradins. J’ai quelques projets, pour l’instant rien de concret, mais ça n’aura rien à voir avec le hand.

Est-ce que ton départ de Celles-sur-Belle a été d’autant plus difficile qu’il a été encouragé par la rétrogradation du club en N1 ?

Complètement. J’ai choisi de venir à Rennes, mais ça a été un choix à contre-cœur… mon club de cœur, c’était Celles-sur-Belle, mais cette décision a été difficile à prendre, dans un laps de temps assez réduit. Mais avec le recul, je suis sûr que j’ai bien fait de venir ici, j’ai pu en apprendre plus sur moi et donc savoir ce que je voulais dans ma vie. C’est un choix carriériste, mon métier est de jouer en D2, et pas en N1. Je ne regrette pas du tout.

« Modèle économique du handball féminin : je suis plutôt pessimiste voire inquiète pour les jeunes »

Après avoir vécu une rétrogradation administrative avec Celles-sur-Belle, quelle est ta vision sur le modèle économique du handball féminin, est-ce que tu as peur pour l’avenir du hand féminin ?

Ça a également été l’une des raisons me poussant à arrêter. A Celles-sur-Belle ou à Rennes, on a toujours été bonnes sportivement, mais le sportif a moins de valeur. Cette saison, imaginons qu’on soit championnes, ou même deuxièmes : on ne pourrait pas jouer en D1 la saison prochaine, malgré les mois de travail et les résultats. Ça ne nous servirait à rien. Et pour les joueuses, en tout cas pour moi, ça me pèse, j’ai du mal à voir du sens dans ce qu’on fait, j’ai 31 ans, peut-être que les jeunes le ressentent moins, mais pour moi c’est trop compliqué à gérer.

Je suis plutôt pessimiste, même très inquiète pour les jeunes. Je leur dis de bien continuer leurs études, c’est de plus en plus compliqué de trouver un contrat professionnel, même au SMIC… Il faut batailler et il y a de moins en moins d’opportunités. 
J’ai tout de même un espoir quand je vois des nouveaux modèles, comme l’USAM Nîmes, Chambéry, Montpellier…, qui proposent une section féminine. C’est peut-être la clé, que les sections féminines soient raccrochées aux clubs masculins, même si je pense que ça serait les premiers fusibles à sauter s’il venait à y avoir des problèmes financiers. A court terme, ça crée tout de même des opportunités, mais comme dans tous les secteurs, c’est la crise, et c’est compliqué pour les joueuses de handball.


Ton meilleur souvenir avec l’équipe cette saison, jusqu’ici ?

Pour l’instant, il n’y a rien qui se détache vraiment, j’ai vécu beaucoup de beaux moments… je compte sur les derniers matchs pour me créer un meilleur souvenir, après, moi, je me souviendrai du premier jour, quand je me suis présentée au groupe, et qu’elles m’ont toutes très bien accueillie. On a eu des victoires qui m’ont plus marquée que d’autres, comme la dernière à la Ricoquais, contre Clermont, ou même à la Roche sur Yon, dans la douleur. J’ai eu beaucoup de beaux moments dans cette équipe. Hors handball, j’ai moins vécu de choses avec les filles de l’équipe, et je n’étais pas là pendant la prépa l’été dernier. Généralement, c’est le moment où les liens se créent le plus. La plupart de mes coéqupières sont en études ou travaillent, donc il y a moins de possibilité de se voir en dehors du hand.

« Sélection en équipe de France : une opportunité incroyable et inattendue pour moi »



Un dernier match de championnat à Besançon… là ou tu as disputé ton match avec l’équipe de France, fin 2021. Comment as-tu vécu cette sélection avec les bleues ? Est-ce que c’était l’apogée de ta carrière ?

J’ai super bien vécu cette expérience. C’était une opportunité incroyable et inattendue pour moi, comme un rêve. C’était vraiment une chance extraordinaire de pouvoir être sélectionnée. L’apogée de ma carrière, je ne sais pas, c’était rapide, ça a duré 5 jours, mais c’est vrai que c’est quelque chose de grand, comme un accomplissement, ça aura vraiment marqué ma carrière et ça l’aura rendue encore plus belle et précieuse. Malheureusement, la suite a été très vite ternie par la blessure qui a suivi directement. Ma carrière a toujours été comme ça, avec des hauts et des bas.

Un dernier trophée pour terminer ? Comment envisages-tu les play-offs ?

J’ai trop hâte d’y être ! C’est pour cela que j’ai fait ce métier, pour les moments comme ça, les matchs hyper décisifs, ceux auxquels on repense des années après. Pour moi, ce sont des matchs de grande valeur, à grands enjeux, un peu plus de stress probablement pour tout le monde…

Il peut se passer des choses inattendues dans ces matchs, notamment dans une équipe super jeune. Ça m’inquiète un peu, avec la jeunesse du groupe, mais je suis toujours très impressionnée par mes jeunes coéquipières, je les trouve sereines… J’ai vraiment confiance et j’y crois, j’ai un bon pressentiment, je sais que si l’on joue à notre niveau, individuellement, pour moi, on est imbattables. Et ça ferait un super truc collectivement. Ça me laisse beaucoup d’espoir pour aller chercher la plus belle place possible à l’issue des play-offs.

Un grand merci à J. pour la collecte de cette interview.